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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 08:54

Sans titre

 

 

 En 2001, apparaît en France  un sigle nouveau: AMAP,Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne.

À l’heure de la crise alimentaire mondiale et de la disparition dramatique des paysans, l’AMAP séduit rapidement un nombre croissant de consommateurs et d’agriculteurs.

Denise Vuillon, infirmière, se reconvertit dans l’agriculture en épousant Daniel Vuillon, maraîcher dans le Var.

Ils sont à l’origine de la première AMAP en 2001 sur leur ferme.

En octobre 2011, sous la plume de Denise, paraît le livre " L'histoire de la première AMAP", dans lequel le parcours de Daniel, la découverte du concept, l'histoire de la première AMAP, la méthode de transmission, les nombreux témoignages d'acteurs producteurs et consomm'acteurs nous sont retracés.

Nous vous livrons ci-dessous, un court passage de ce livre, dans lequel Daniel et Denise ont résumé ce qui constitue les forces et les faiblesses du système AMAP.

 

A méditer.... pour mieux évoluer...

 

Merci à Lionel de nous avoir fait parvenir ce texte.

 

LES FORCES DU SYSTEME AMAP

1 : humanité et efficacité 
- Le concept s'appuie sur le meilleur de l'humain 
- Engagement réciproque et solidarité 
- Confiance et transparence 
- Responsabilité et créativité 
- Les résultats positifs en sont immédiatement visibles et mesurables 
- Une ferme est maintenue et vit mieux 
- Des consommateurs mangent mieux et sain 
 
 
 
2 : une alternative économique 
- Un prix correspondant au coût réel des produits et rémunérant correctement le travail des paysans 
permet 
- D'améliorer les conditions de travail et d'embaucher 
- D'améliorer l'outil de production 
- La suppression des gaspillages dus à la normalisation industrielle 
- Rien ne sera jeté, gaspillé, tout sera mangé 
- Le paysan a la satisfaction de ne pas jeter, il peut distribuer plus de produits au 
consommateur 
 
 
3 : pour les paysans, des perspectives professionnelles 
- Libéré des soucis de commercialisation, le paysan peut se consacrer entièrement à son travail 
- Il retrouve la possibilité de pratiquer une agriculture écologique, de choisir librement ses semences 
- D'innover et d'expérimenter, 
- Le plaisir d'un travail reconnu, d'une dignité et d'une liberté retrouvée 
 
 
4 : pour les paysans, des perspectives sociales 
- Sortir de l'isolement, élargir le cercle des relations 
- Sortir de la concurrence et retrouver l'entraide 
- Redevenir un acteur social reconnu pour ces compétences, son rôle dans la société 
- Renouer avec la transmission du métier, des savoirs faire, de la terre, « Il y aura un autre paysan après moi, peut être un de mes enfants qui aura vu ses parents heureux dans leur métier» 
 
5 : santé et environnement 
- Une agriculture saine et durable permet 
- De garantir à tous une alimentation saine 
- De supprimer les diverses pollutions : pesticides et engrais de synthèse, emballages, 
transports , etc. 
- De sauvegarder et redéployer la biodiversité 
- De sauvegarder les terres et leur fertilité, 
- De sauvegarder les savoirs, compétences et savoirs faire paysans 
- De sauvegarder les patrimoines culinaires  (les cardes!)
 
6 : pour le consommateur 
- Conserver, retrouver le choix de sa nourriture : savoir où, par qui et comment elle est produite 
- Accéder à une alimentation meilleure au goût et pour la santé 
- Retrouver le lien avec la nature, les saisons 
- Découvrir de nouveaux produits 
- Se libérer des besoins artificiels et des frustrations du consumérisme 
 
7 : le 100% AMAP 
- Aboutissement et approfondissement du concept, pari de la confiance 
- Responsabilité réciproque totale : « j'ai la responsabilité de te nourrir sainement, tu as la responsabilité de me faire vivre dignement » 
- Facilité pour calculer en toute transparence les coûts et les rémunérations 
- Facilité de partage de la récolte, pouvoir distribuer l'abondance pour compenser la pénurie 
- Facilité d'implication des partenaires dans le projet commun 
 
8 : pour tous, fierté et bonheur 
- De transmettre terres fertiles, semences, savoirs et bonne nourriture à nos descendants 
- De participer à une action qui a du sens, à une construction commune 
- De partager cette histoire et ce savoir avec les autres comme on partage la récolte 
- De recréer des liens, de la cohésion sociale 

Les FAIBLESSES DU SYSTEME AMAP

1: l'humain et le vivant 
- Imprévisibilité des relations humaines 
- Imprévisibilité et variabilité du vivant, de la nature, rien n'est jamais garanti 
- Nécessité de s'inscrire dans la durée, rien n'est jamais acquis, démarche permanente 
- Dissymétrie des engagements 
- Le paysan engage son avenir, sa survie, celle de son métier 
- Le consommateur de l'argent, de la confiance mais peut sortir du système sans 
conséquences pour lui 
 
2 : méconnaissance des enjeux 
- Une sensibilisation insuffisante des acteurs provoque une prise de conscience insuffisante des enjeux 
- Manque de confiance, de lien, maintien d'une relation « client/fournisseur » au lieu d'un partenariat 
- Le paysan n'informe pas suffisamment des problèmes, de la réalité de la production, 
- Le paysan n'est pas écouté et respecté, ne peut participer aux décisions 
- Donc risque de manque de solidarité en cas de difficulté 
 
3 : poids du contexte 
- Le concept n'est pas « hors sol », il s'inscrit dans la réalité économique et sociale du monde 
- Tout pousse à la baisse des prix, à l'industrialisation, à la normalisation donc à la 
disparition des paysanneries nourricières du monde 
- Désinformation, individualisme, tentation de la surconsommation 
- Aveuglement sur les conséquences de la disparition de la paysannerie sur la sécurité 
alimentaire des populations 
 
4 : contraintes de la réalité 
- Un retour parfois difficile à la réalité : il est impossible de satisfaire tous les désirs parfois les plus contradictoires 
- Il ne suffit pas d'exiger pour avoir : les poireaux mangés ont un an, tout ne pousse pas partout et n'importe quand etc. « on ne fait pas pousser les salades en tirant dessus » 
- Il est impossible de satisfaire tout le monde en même temps alors que les goûts, les 
quantités nécessaires, les habitudes culinaires diffèrent

5 : le poids des habitudes 
- Une évolution des habitudes est nécessaire 
- Pour les consommateurs, risque d'insatisfaction 
- Il faut accepter la réalité de la production, ne pas choisir, s'adapter, 
- Il faut manger de saison, faire la cuisine, gérer ses stocks 
- Pour les producteurs, risque d'échecs divers 
- produire en fonction des besoins alimentaires des partenaires et non plus du marché 
etc. 
- renoncer aux pesticides chimiques, diversifier ses productions, modifier ses 
habitudes de travail etc. 

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Published by vertsolidaire - dans Bobines et Coup de projo
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