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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 23:03

      Manger bio et local est un acte solidaire. Nous l'avons tous compris, et c'est pour cela que nous adhérons à une AMAP. Mais se pourrait-il que derrière notre choix de consommer les légumes, la viande, les oeufs, les fromages, les fruits, et tous les autres produits proposés sous la serre, se cache un geste, une action à plus grande échelle; directement impactante sur la société qui nous entoure?

C'est à cette question que se sont attachés à répondre les différents intervenants du colloque national "Les Rencontres de l'Alimentation Bio", organisé à Forcalquier le week-end dernier.

Nous vous transmettons ici l'intégralité de l'article paru à ce sujet, suivi d'une courte interview du professeur SERALINI, dont les travaux sur les OGM agitent le monde scientifique.

En espérant que vous y trouviez, sinon une nouvelle vision de notre monde, tout du moins une raison supplémentaire d'adhérer à notre chère AMAP et de faire savoir son existence autour de vous,

Bonne lecture à toutes et à tous!

 

Le colloque national sur l'alimentation bio qui s'est tenu à Forcalquier, a permis de dénoncer des comportement insensés envers la nature.

                  20121022 1 6 1 1 0 obj2380694 1 0Photo: Eric CAMOIN

 

Les intervenants du colloque national sur l'alimentation bio ont attiré la foule à l'espace culturel de la Bonne-fontaine.

 

Se nourrir est un besoin physiologique fondamental qui va bien au-delà de la simple notion de plaisir. Tout simplement parce qu'il y va de notre survie. Néanmoins, ce qui se trouve dans notre assiette n'a pas la même saveur, la même consistance, ni les mêmes qualités nutritives où que l'on soit dans le monde, car les pratiques agricoles d'aujourd'hui nées souvent après la Seconde guerre mondiale quand il fallait nourrir avant tout, ne cessent de poser des questions de santé publique et suscitent des débats passionnés.

Les Rencontres de l'alimentation bio - colloque national de très haut niveau organisé de manière remarquable à Forcalquier ce week-end par le Reillannais Philippe Courbon - auront permis de le vérifier, grâce à des intervenants de haut vol ayant le mérite de parler clair, sans employer trop de jargon technique, malgré des curriculum vitae d'experts, scientifiques, et autres chercheurs "lanceurs d'alerte". "Autant dire que manger est un acte éminemment politique précise Philippe Courbon. Car il y a dans cet acte une notion d'économie avec la possibilité de choix pour le consommateur. Ce qui lui permet de participer et d'agir sur le monde qui l'environne."

Après la projection du film de Marie-Monique Robin "Les moissons du futur" vendredi soir, samedi était le point d'orgue du colloque avec les thèmes "De la fourche à la fourchette " et "Du sol à la table" le matin, avant d'embrayer sur les "Lanceurs d'alerte dans l'alimentation et les lobbies" l'après-midi.

De quelle agriculture parle-t-on ?

Jean-Pierre Berlan, ancien directeur de recherche à l'Institut national de recherche agronomique (Inra) auteur de "La guerre au vivant" (Ed Agone) a réalisé des travaux sur la fin de l'agriculture au XXe siècle, et son constat est édifiant.

"Aujourd'hui un agriculteur achète sa semence à Monsanto, son essence à Total, vend sa récolte sur des marchés de Chicago ou de Caracas, et achète son matériel au Crédit Agricole. Et il est surendetté ! Le paysan est devenu un receleur de subventions publiques. Et le vocabulaire qu'on utilise interpelle. Un poulet, c'est quoi aujourd'hui ? dit-il. Du soja, du maïs, des antibiotiques... avec des plumes ! On emploie un vocabulaire mensonger, et on impose l'uniformité dans la génétique agricole en faisant des clones. Tout a été fait pour se débarrasser de la gratuité de la reproduction. On a réussi à faire des plantes "terminatorisées", à l'image du bonimenteur de foire qui fascine, pendant que ses complices font les poches des paysans.

Pareil pour les OGM. Il s'agit de changer le statut des pesticides pour en faire un des constituants de notre alimentation. Nous confions actuellement notre avenir biologique à des marchands de mort."

Un pionnier à la tribune

Claude Aubert, pionnier de l'agriculture bio en France dans les années 60, co-fondateur de "Terre vivante" est un spécialiste reconnu des relations entre agriculture, alimentation, santé et environnement. "On dit toujours que les rendements en bio sont inférieurs, par rapport à la culture intensive confie-t-il. Mais le fait d'associer des cultures (exemple : maïs et haricots) permet d'augmenter le rendement de 50 %. Après, certes, il y a le problème de la récolte, mais on pourrait très bien concevoir des machines qui ramassent sélectivement. Et dans un autre ordre d'idée, associer des fruits et des légumes comme au "jardin de case de Grenade" permet aussi d'augmenter la production. Cela a l'air d'un fouillis, mais ça fonctionne !"

Philippe Courbon qui a su diriger les interventions du public, avec rigueur et souplesse à la fois, n'a pas manqué de souligner un fait récurrent, quant aux critiques souvent formulées contre l'agriculture biologique. "Elle est souvent critiquée avec des études très étonnantes qui mêlent les conflits d'intérêt. Mais le tout est de savoir qui est derrière ? Ce qui donne parfois de belles surprises !"

Ce colloque, au coeur d'une actualité brûlante, via les travaux du professeur Séralini sur les OGM aura été très instructif pour les nombreux spectateurs présents; bien au-delà des déjà convaincus.


Le professeur Séralini s'explique sur son étude des OGM

Téléphone en main en permanence, ne cessant de répondre à de nombreux messages et SMS de soutien, le professeur Gilles-Eric Séralini était ce samedi sur des charbons ardents. En effet, son étude menée de front, via des rats, sur un maïs transgénique et sur le Roundup (pesticide le plus employé sur la planète) ne cesse d'agiter la communauté scientifique sans que l'on sache très bien qui se cache derrière. Vrai que les dégâts causés sur les rats après deux années d'études ont de quoi faire frémir...

Votre étude est-elle remise en cause ?
Gilles-Eric Séralini : "J'ai reçu le soutien du monde scientifique et de mon éditeur considéré comme le meilleur au monde en ce domaine précis. Et les syndicats de chercheurs me soutiennent aussi. Ce sont les agences sanitaires de six académies qui ne me soutiennent pas, mais ce communiqué qui n'est pas une décision, et qui n'est pas signé, reprend les arguments de Monsanto. Cela a été écrit à la hâte !

Que va-t-il se passer maintenant ?
G.-E.S. : On touche à des intérêts financiers fabuleux et des académiciens désavoués par mon travail. Car ils pensent que trois mois d'études avec des rats, ça suffit. Nous on l'a fait sur deux ans sur 200 rats. C'est la plus détaillée au monde sur le sujet. Et il est ridicule voire criminel de ne pas tester à long terme ; Mais c'est aux politiques maintenant d'imposer à l'industriel de le faire. Car le Roundup est le pesticide le plus employé dans le monde et l'usage des OGM permet d'en amplifier son efficacité.

Qui a financé votre étude ?
G.-E.S. : Elle a coûté 3,2 M€ et a été financée par le Ceres qui est une association regroupant des consommateurs responsables, des PME-PMI, mais aussi Auchan, Malongo... pour 2M€, la fondation Charles-Léopold Meyer (1M€), le ministère de la Recherche (100 000 €) et le Criigen (150 000€) co-fondé par Corinne Lepage. Nous allons placer désormais la polémique chez le même éditeur au niveau scientifique et allons répondre aux lettres reçues par les académies. Mais dès demain, la balle sera dans le camp des politiques ! Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement de 1995 à 1997, actuellement députée européenne du groupe ADLE était aux côtés du professeur qu'elle soutient à 100 %.

Quel est votre sentiment sur ce déni de l'étude du professeur Séralini par certains scientifiques ? 
G.-E.S. : Je suis accablée, mais j'ai un jugement politique sur ce qui se passe. Les reproches qui sont faits à l'étude, c'est d'avoir mis sur la place publique ce que nos adversaires voulaient cacher depuis 15 ans. Car le problème, c'est que les lobbies Monsanto et autres ont pu obtenir qu'on consomme des OGM sans analyses. J'en veux à l'Inra qui a dit que c'était inutile de chercher à deux ans, alors qu'il a participé à l'autorisation du Monsanto. On a un système qui fait que les firmes demandent l'autorisation de commercialisation à un organisme qui croule sous les conflits d'intérêts. Nous sommes face à une opération de manipulation car ce sont deux personnes par académie, soit douze signatures anonymes qui sont à l'origine de cette réaction hostile. Mais certains académiciens qui n'ont pas été consultés commencent à réagir, car ces rats avec des tumeurs existent.

A-t-on manqué à la déontologie ?
G.-E.S. : Si nous avions révélé ce qu'on préparait (dixit nos adversaires), cette étude n'aurait pas été publiée par un éditeur scientifique."

Jean-Pierre TISSIER"

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Published by Fanette et Sophie - dans Oeil de Lynx
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